L'enthousiasme des débuts a rapidement laissé place à une réalité bien plus exigeante. Je pensais finaliser cette aventure en un mois. Elle a duré trois ans.
Quelques semaines plus tard, les vacances en Guadeloupe se sont transformées en premiers essais. Avec une amie spécialiste de l'agro-transformation, tout juste devenue maman, les journées se sont muées en travail, entre matière, gestes et découvertes.
Trois semaines après les premiers tests, j'ai compris que ce serait un vrai travail de long terme. Les spécialistes me parlaient de phases, de mises à l'échelle, de recherche et développement. Pour un produit innovant comme le mien, cela pouvait prendre beaucoup de temps.
Au départ, j'étais seule, sans formation. Mon amie ingénieure avait ses autres activités. Nous avons travaillé avec des stagiaires, puis approfondi les recherches sur les saveurs locales, dont la groseille, la fleur d'hibiscus. Le projet a grandi pas à pas.
Pendant trois ans, j'ai ajusté le goût, la texture, l'apparence, la tenue, la conservation. Beaucoup de tests ont échoué. Mais un jour, j'ai obtenu une noix correctement enrobée. Ce n'était pas parfait, mais c'était réalisable. On tenait enfin quelque chose.
Derrière ce résultat, il y avait les retours difficiles, l'incompréhension, le fait d'avoir quitté le Canada pour monter une petite unité en Guadeloupe. Mais je tenais à ma vision. Je visualisais le produit, je savais où je voulais aller. Et je m'accrochais à chaque petite brindille de lumière qui me disait : continue.